Sur la création d’un conseil de chefs d’entreprise à la région Ile de France

Intervention en plénière le 21 janvier 2016.

Madame la Présidente,

Vous avez indiqué faire de l’emploi une priorité importante au plan régional, objectif que nous partageons. Vous avez d’ailleurs annoncé dés votre premier jour de mandat vouloir créer l’instance qu’il est question de mettre en place aujourd’hui pour « écouter les entreprises » comme vous le disiez ce matin.

Madame la Présidente, nous partageons le souhait de travailler avec la société civile économique.  Nous notons avec satisfaction l’ampleur et la diversité des instances, régionales et métropolitaines, et des réseaux et organes divers de dialogue économique dans notre territoire. Citons sans exhaustivité :

– conseil économique et social régional

– les organismes associés

– les chambres consulaires

– la représentation patronale régionale –mais aussi syndicale, ou d’usagers–,

– ou d’autres réseaux formels ou informels représentant les chefs d’entreprise et les jeunes pousses : depuis Ouishare au Réseau Entreprendre à Nos Quartiers ont du Talent au CJD au CJDES en passant par les Mampreneurs, le MOUVES ou Entreprendre Vert ! Je connais bien ces réseaux pour avoir le plaisir d’en fréquenter et d’en animer certains à titre professionnel.

Mais revenons à ce conseil de l’attractivité dont il est question aujourd’hui. Sans doute les représentants des syndicats de salariés, d’indépendants et de précaires organisés au plan régional auraient-ils aimé bénéficier de la même attention de votre part et pourraient sans doute contribuer de manière signalée à l’attractivité et au dynamisme économique de notre territoire en permettant de mieux mobiliser les actifs dans leur diversité.

A propos de ce projet, nous entretenons quelques craintes pour notre institution régionale. D’abord pour les relations qu’elle a déjà nouées avec une partie du monde économique qui ne sera pas convié à la table de votre conseil pour l’attractivité. Certaines entreprises seront près de la présidence tandis que d’autres n’agiront que dans des organismes spécifiques tels l’ORDIF, le CERVIA, ou la Commission du film… Assurément, elles ne pourront êtes toutes au Conseil de l’attractivité.

Notre assemblée aurait pu avaliser la création de cette instance en concourant à sa composition, en réfléchissant à sa mission, à son terme, mais se voie confrontée à la seule possibilité de donner mandat sur ces points. Ce n’est pas notre conception de l’institution régionale. Nous ne pouvons nous contenter d’une proposition sans garanties sur la parité, la composition équitable entre PME, grandes entreprises et ETI et start-up, sans savoir que l’économie collaborative et verte, ainsi que l’économie sociale et solidaire, seront de la partie ; sans être assurés que l’organe ne tiendra compte de l’équilibre démographique, de la diversité des âges et des origines, des parcours, des territoires franciliens.

Bien des questions restent à lever.

Quelles sont les questions qui seront traitées dans un tel cénacle ? à quelle fin ?

quelle sera la publicité donnée aux débats ? quelles implications budgétaires et institutionnelles ?

Un dernier mot. Nous espérons aussi que les membres seront exemplaires et donneront l’impulsion dans l’emploi des jeunes, via l’embauche d’apprentis particulièrement issus des quartiers en difficulté, et soient acteurs du nouveau plan de formation proposé par le Président de la République, au service de l’emploi.