Sur le « small business act » régional

Intervention en séance plénière sur le sujet du « small business act » et contre ladite Clause Molière.

 

Madame la Présidente, Monsieur le vice-président.

 

Sur le principe, le fait de favoriser les PME dans la commande publique régionale est une excellente chose. Bravo. Vous vous penchez aussi sur les délais de paiement. Bravo. Nous interrogerons les acteurs économiques pour nous assurer que les délais seront tenus.

 

J’aimerais continuer à vous féliciter pour ces heureuses initiatives. Vous savez que nous sommes les amis des PME, mais je me demande, Madame, si vous l’êtes-vous-même.

 

Car je voudrais savoir, Madame la Présidente, pourquoi vous avez besoin de pourrir un rapport si positif avec une disposition aussi controversée et politique que votre clause sur l’usage du français. Vous écrivez : « l’ensemble des ouvriers présents sur le chantier devra comprendre et s’exprimer en français. » Plusieurs remarques.

 

D’abord Madame la Présidente, j’espère que vous vous rendez compte des difficultés pratiques de mise en œuvre de vos souhaits. Je ne sais si vous avez été sur un chantier récemment, ou si vous avez pris la mesure du fait que nombre d’ouvriers ne sont pas d’expression française native, ou si vous avez chiffré les répercussions sur le coût des marchés publics de vos idées fort lumineuses, mais je pense que votre Région entrepreneur a mal à la tête.

 

Mais quittons le monde réel et revenons aux idées lumineuses. J’aimerais aussi savoir si vous avez été au bout de la légalité de votre projet. (Citer préfet / Wauquiez)

 

Je me demande aussi et surtout pourquoi à quelques semaines de l’élection présidentielle une telle provision vient comme par hasard se présenter et aux assemblées régionales de Rhône Alpes et d’Ile de France. Est-ce donc un nouveau volet du programme des Républicains ? A qui profite le crime ? A votre parti, à votre candidat à la présidentielle ? L’obstination de ce dernier à maintenir sa candidature malgré la désapprobation des Français ne suffisait-elle pas ? Fallait-il vraiment nous proposer ces dispositions fantaisistes  maintenant, pour satisfaire aux demandes délirantes de ceux qui siègent à l’extrême droite de cette assemblée, dont la candidate elle aussi s’obstine à maintenir sa candidature au déni de la justice ?

 

Nous sommes une assemblée régionale, Madame la Présidente, et il aurait  été plus respectueux de celle-ci de faire de la politique dans son cadre. Il aurait été noble de se concentrer sur l’emploi des Franciliens. Mais cela est trop facile. Faisons fi des étrangers. Madame la Présidente, j’espère que vous prenez la mesure de vos actes et que vous irez demain vérifier sur chaque chantier, dans chaque bureau de l’Ile  de France quelle langue on parle. Ce n’est pas non plus comme ça qu’on incitera les entreprises parties à Londres de revenir. Ce que vous annoncez de bien, vous le détruisez en 7 lignes dans votre rapport, et nous ne le voterons pas.

 

Tout d’abord, Madame la Présidente,