Plutôt que des retenues de substitution d’eau, préserver la pérennité de l’eau et de l’avenir.

Intervention en séance du conseil régional du jeudi 24 septembre 2020, en réponse au voeu RN : retenues de substitution

Le groupe Rassemblement national, dans son travail de réhabilitation écologique décidément très douloureux, a décidé de soumettre au conseil régional un projet de voeu sur l’eau sujet à la fois essentiel et facile à invoquer. Allons-y ! Vous avez raison, chers collègues : l’accès à l’eau est chaque année plus difficile et le deviendra encore chaque année du fait des dérèglements climatiques. 

La solution ici évoquée pour préserver les exploitations agricoles en situation de sécheresse alimente de nombreux débats et suscite de nombreux conflits dans d’autres régions que la nôtre. 

Les retenues de substitutions, ou bassines d’irrigants, ne sont rien de moins qu’une tentative de maintenir, quoi qu’il en coûte des pratiques incompatibles avec la raréfaction de la ressource en eau. 

Si l’eau manque en été c’est à cause de la chaleur, c’est aussi à cause d’un excès de prélèvements. Il est grand temps que la gestion de l’eau fasse l’objet d’une réelle concertation intégrant l’ensemble des usages : milieu de vie, alimentation humaine, usages industriels, agricoles ou paysagers. 

Qu’un des acteurs s’approprie un bien commun, en construisant des bassines de stockage, grâce aux subventions publiques n’est en rien une réponse adapté à la tension existant entre les différents usages. 

L’eau suit des cycles et les prélèvements excessifs, qu’ils soient effectués en été ou en hiver ont des conséquences dramatiques sur la viabilité des cours d’eau et des aquifères. Le stockage en surface accélère l’évaporation. 

Nous sommes opposés, et le seront toujours à cette fausse solution des bassines, qui prétendent garantir un accès à l’eau pour les irrigants, mais le restreindre pour tous les autres usagers. 

Oui nos pratiques, nos modes de vie vont changer, que nous en soyons heureux ou pas, que nous le voulions ou non. Le rôle des responsables politiques, le rôle des collectivités locales est de préparer et d’accompagner ces changements afin de garantir les principes auxquels nous sommes tous et toutes attaché.es : paix, justice, liberté et égalité. 

Je me réfère aux travaux d’Elinor Ostrom sur les biens communs : la seule solution est un système démocratique de gestion de la ressource, impliquant l’ensemble des utilisateurs de l’eau, pour préserver la pérennité de l’eau et de l’avenir.